Projet d’appui aux métiers de la Pierre et de l’Eco-construction (PAMPEC)

Présentation succincte du projet ou programme :

Si la forte croissance économique (5%) de l’Afrique de l’Ouest offre des perspectives pour la sous-région, elle n’en demeure pas moins un défi en termes d’insertion professionnelle, de création d’emplois et d’inclusion. En effet, la sous-région fait face à une des croissances démographiques les plus fortes au monde, la jeunesse (15-24 ans) représente environ 20% de sa population. Chaque année cette jeunesse entre plus nombreuse sur un marché du travail caractérisé par la prédominance du secteur informel (90% à 95% des emplois) souvent synonyme de sous-emploi et de faibles revenus. En amont de l’emploi et face au défi de l’insertion professionnelle, l’offre d’Enseignement Technique et de Formation Professionnelle (ETFP) formelle reste encore limitée alors que l’apprentissage informel est très répandu. En 2012, les filières d’ETFP ne représentaient en moyenne que 6 % de l’effectif total de l’enseignement secondaire dans la sous-région, dont une minorité de jeunes filles. Fortement orienté vers les métiers des services au détriment du secteur secondaire, qui paradoxalement manque de main d’oeuvre qualifiée, l’EFTP est rarement en adéquation avec les ressources et les besoins des territoires et fait face à des difficultés récurrentes : l’obsolescence des référentiels de formation et leur faible diversité, un manque de matériel, de qualification ou de formation continue des formateur·trice·s, des formations plus théoriques que pratiques.

Aux difficultés structurelles du secteur de l’EFTP, s’ajoutent les contraintes des apprenant·e·s : difficultés financières et géographiques d’accès aux formations notamment pour les ruraux, capacités d’accueil limitées des centres, difficultés d’insertion professionnelle post-formation.

Enfin si le lien entre formation et insertion professionnelle apparaît désormais dans les différents programmes d’appui nationaux et internationaux, il souffre d’un manque persistant d’articulation, au niveau local comme national, entre les différents acteurs (institutions de formation et d’emploi, organisations professionnelles, collectivités locales, etc.). Ces contraintes sont communes aux trois pays d’intervention du projet.

Au Mali, dans la région de Mopti, l’économie touristique du Plateau Dogon, réduite à néant par la dégradation du contexte sécuritaire, oblige à développer de nouvelles opportunités d’emplois basées sur des ressources locales. L’usage de la pierre se développe dans le Cercle de Bandiagara qui vient notamment de valider un protocole engageant à l’intégration de 30% de matériaux locaux dans les ouvrages publics. Le pays réalise aussi des chantiers à Haute Intensité de Main d’Œuvre (HIMO) dont les études internationales montrent qu’à coût égal par rapport au bitume, le pavage de roche fournit 20 fois plus d’emplois. Dans les pays côtiers du Togo et du Bénin, les régions agricoles du nord sont les parents pauvres d’un développement économique et d’une offre de formation centrée sur les capitales et les zones portuaires. L’usage de la pierre y est moindre malgré les gisements, mais les ouvrages commandités par les collectivités ont permis aux premiers artisans formés d’être priorisés à l’embauche. Si ces contextes diffèrent, le secteur du bâtiment, pourvoyeur d’emplois, moteur de la croissance s’avère stratégique pour le développement de la formation professionnelle dans un contexte d’urbanisation croissante. Les métiers de la maçonnerie et de la construction s’inscrivent dans une économie informelle très concurrentielle. Ainsi les techniques de construction écologique (pierre et terre) constituent des opportunités de diversification de ces filières et donnent aux jeunes de nouvelles compétences leur permettant de se distinguer sur le marché de l’emploi. L’utilisation de matériaux locaux et leur accessibilité sont générateurs de revenus pour d’autres métiers à plusieurs niveaux de la filière: paysans extracteurs; forgerons; etc. Par ailleurs, ces ouvrages en pierre et terre disposent de qualités environnementales et thermiques. Autant de raisons qui permettent aux autorités et acteurs locaux d’accompagner le développement de ce type de construction par la commande institutionnelle.

OBJECTIFS GÉNÉRAUX DU PROJET

Améliorer le développement économique et sociale des artisan·e·s et jeunes sur le territoire d’intervention et plus spécifiquement Favoriser l’insertion professionnelle des jeunes dans le secteur du bâtiment par le développement d’une offre nouvelle de formation, un dispositif de suivi-insertion et l’appui au développement de filières territoriales d’écoconstruction dans les régions de Mopti  de Mopti (plateau Dogon au Mali), de la Kara et des Savanes (Togo) de l’Atacora et de la Donga (Bénin).

Il a pour objectif spécifique de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes dans le secteur du bâtiment par le développement d’une offre nouvelle de formation, un dispositif de suivi-insertion et l’appui au développement de filières territoriales d’écoconstruction (pierre et terre) dans les régions de Mopti (Mali), la Kara et les Savanes (Togo) et des départements de l’Atacora et de la Donga (Bénin).

Public(s) ciblé(s) :

  • Les jeunes issu·e·s des régions de Mopti (plateau Dogon au Mali), de la Kara et des Savanes (Togo) de l’Atacora et de la Donga (Bénin), dont 15 % de jeunes filles ;
  • Les artisans des filières bâtiment et écoconstruction (extracteurs, maçons).
  • Les collectivités locales et les institutions de la formation professionnelle et de l’insertion.

Principaux partenaires de la société civile locale impliqués :

Au Mali : ONG APAPE/PH, en lien contractuel avec 2 centres de formations privés : L’école Technique et Professionnelle Amagaraï et le Centre de Formation Professionnelle de Bandiagara.

Au Togo : ONG GEVAPAF en lien contractuel avec 2 centres de formation publics : le Centre d’Enseignement Technique de Pya et le Centre Régional d’Enseignement Technique et de Formation Professionnelle de Dapaong.

Au Bénin : L’ACAD – Association des Communes de l’Atacora et de la Donga. En lien contractuel avec le Lycée Technique (public) et le Centre de Formation privé Leituwari de Natitingou

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